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Procès des « criminels de Minova » : ENCORE UNE PREUVE D’ENGAGEMENT DE KINSHASA POUR L’IMPUNITE, ET LES AUTRES ?

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Catégorie : Politique
Date de publication Écrit par Pascal Debré Mpoko

En novembre-décembre 2012 lors des combats sur le contrôle de Goma, des militaires des FARDC et les rebelles pro-rwandais du M23 avaient été accusés d’exactions sur les populations civils. Kinshasa a, pour ce qui le concerne, mené des enquêtes qui viennent d’aboutir à l’ouverture d’un procès contre les « criminels de Minova ». En face – Kigali et Kampala – c’est quasiment de l’arrogance que l’on oppose aux appels à l’application de la justice pour lutter contre l’impunité. Pendant ce temps, la communauté internationale, elle, juchée sur sa politique de deux poids, deux mesures, s’enferme dans une indifférence qui convainc les Congolais qu’en fin de compte, ils sont les seuls acteurs de leur paix.

 

Lors des combats sur le contrôle de la ville de Goma en novembre-décembre 2012, les soldats de l’armée régulière et les rebelles du M23 avaient été accusés, par le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH), violations des droits de l’homme sur les populations civiles. Une centaine de cas de violences sexuelles avaient été attribués à des militaires congolais dans la ville de Minova et ses alentours alors qu’ils battaient en retraite. Le rapport de l’organisme onusien rapportait également que des soldats des FARDC s’étaient livrés à des pillages et autres exactions dont le travail forcé.

Le Bureau conjoint des nations unies aux droits de l’homme justifiait la plupart des cas au manque de discipline parmi des soldats et des officiers de l’armée, situation due en partie à l’intégration récurrente d’anciens rebelles dans l’armée nationale sans formation adéquate et par l’inexistence de mécanisme de contrôle approprié justifié par les infiltrations ennemies dont l’armée régulière avait été victime. Conscient de la gravité décès allégations, et dans le souci d’honorer ses engagements de lutter contre l’impunité et pour le respect des droits de l’homme.

Après une année d’enquête, la justice militaire congolaise a ouvert, hier à Goma, un procès contre une quarantaine de militaire, officiers et soldats, reconnus coupables des exactions de Minova. Les enquêtes se poursuivent encore pour arrêter d’autres auteurs d’exactions, dont certains avaient fait défection pour rejoindre les rangs de la rébellion.

Indifférence et arrogance à Kigali et Kampala

Ce sursaut de la justice militaire traduit la ferme détermination du nouveau commandement des FARDC à instaurer la discipline dans les rangs en prêchant par la sanction. Le Chef d’état-major général des FARDC, le lieutenant général Didier Etumba, qui s’est rendu sur le terrain des derniers combats contre le M23, l’a rappelé aux hommes de troupes sur un ton ferme : «Il faut respecter les droits de l’homme. Il faut respecter la femme. Celui qui [se sera rendu coupable d’exactions] sera attrapé et traduit en justice », a-t-il martelé.

Ce procès de Goma contre les « criminels de Minova » vient s’ajouter à bien d’actes concrets posés le Gouvernement congolais sous la houlette éclairée du Président de la République, Joseph Kabila Kabange. Dans le même temps, l’on ne perçoit aucun signal analogue dans le chef des autres parties, particulièrement ceux de la région des Grands Lacs. Au contraire, ceux-ci, plus précisément, le Rwanda et l’Ouganda, se livrent quotidiennement aux violations de leurs engagements compris, notamment, dans l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.

Pour ce cas spécifique, Kigali et Kampala hébergent sur leur territoire des personnes, militaires comme civils, frappées de sanctions internationaux, poursuivies par la CPI et recherchés par le justice congolaise. Le rapport du BCNUDH évoqué ci-haut mettait aussi en cause les rebelles du M23 dont « plusieurs dirigeants seraient responsables de violations graves des droits de l’homme, qui remontent souvent à de nombreuses années ».

Alors qu’ils occupaient Goma et Sake, rapportait le document, ces rebelles se sont rendus responsables d’au moins 59 cas de violences sexuelles. L’enquête de l’Onu avait également documenté au moins 11 exécutions arbitraires, des cas de recrutement d’enfants et de travail forcé, des traitements cruels, inhumains et dégradants et des pillages commis par des combattants du M23.

Deux poids deux mesures dans la communauté internationale

Les dirigeants évoqués dans ce rapport se trouvent soit à Kampala, soit à Kigali, dans l’impunité la plus totale et dans l’indifférence de la communauté internationale. Celle-ci voit, effet, se déployer sous ses yeux des actes annihilant toute possibilité de pacification effective de la région des Grands Lacs. Elle connaît aussi plus que bien les acteurs de l’instabilité, mais, en lieu et place de la contraindre à honorer leurs engagements, la communauté internationale pousse à la conclusion d’un accord politique entre Kinshasa et le M23, tout en sachant que ce mouvement rebelle est en train de se réorganiser, cette fois-ci en Ouganda pour reprendre les opérations.

Les Congolais, pour leur part, sont conscients de cette politique de deux poids deux mesures et son déterminés à être, eux-mêmes, les acteurs de leur paix et de leur épanouissement.

Pascal Debré Mpoko

/p

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